Après avoir quitté Venise, nous reprenons l'autobus en
direction de San Marino. Aujourd'hui sera une journée de repos. Seulement 160
km de route, un souper et peut-être une promenade dans le village. Bref la
route est magnifique et plus nous roulons, plus nous grimpons dans les Apennins.
San Marino est situé sur le mont Titano, une petite république enclavé dans
l'Italie. C'est un pays au même titre que Monaco ou le Vatican avec ses propres
lois. Le pouvoir revient au Grand Conseil, dont les membres (60) sont élus tous
les cinq ans par le peuple. Le Conseil nomme deux
"Capitaines-régents", mais eux sont nommé pour six mois seulement,
mais ont le droit de se représenter. Les deux Capitaines-régent parlent
toujours d'une seule voix. La monnaie utilisée est l'Euro. En 300, alors que la
persécution des chrétiens battait son plein, un dénommé Marinus prit la fuite
et se réfugia sur le mont Titano. Vu le nombre grandissant de réfugier qui
vinrent le rejoindre, ils s'établir et fondèrent cette communauté chrétienne.
La date officielle de la fondation serait autour de septembre 301. Lors de la
mort de Marinus ses dernières paroles furent: "Relinquo vos liberos ab utroque homine" ou si vous préférez:
"Je vous laisse libres des autres
hommes". Depuis que j'ai lu
cette phrase, je me pratique pour en trouver une à dire lors de ma mort, pour l'instant
j'en suis seulement à: "Je vous
laisse...". Bon! ce n'est pas grand chose, mais c'est tout de même un
bon début pour une... fin.
Au XIe siècle la
population augmentait de plus en plus et ils durent penser à une expansion
territoriale. San Marino devenait une Cité-république dotée de son propre code
juridique. Le dernier code fut publié en septembre 1600. Au XIIIe siècle un ecclésiastique
tenta de soumettre la république au Pape (encore lui) et aux impôts. Mais après
une longue dispute juridique San Marino gagna sa cause. Il y eu plusieurs
guerres entre les familles pour mettre la main sur la république, mais à chaque
fois San Marino faisait les bonnes alliances et finissait toujours par se tirer
d'affaire. C'est en 1503 que César Borgia, fils du pape Alexandre VI réussit a
occuper le territoire, mais ce fut de courte durée et son armée sera anéantie. La
population réussie même à signer une entente avec Napoléon Bonaparte lors de sa
campagne d'Italie. Aujourd'hui San Marino entretient des relations consulaires
avec soixante-dix pays et fait partie de plusieurs organismes internationaux.
Ils n'ont aucune richesse naturel, mais exporte beaucoup de vins, de laine et
des "timbres". La vente de timbres de la république à travers le monde
compte pour 10% du PIB national. Aucun impôt ou presque n'est exigé aux
habitants.
Arrêtons de rêver
aux impôts et revenons à notre voyage. Après le souper le guide nous propose
une promenade à pied dans le village qui est construit sur trois étages. C'est
le crépuscule et les ombres des maisons s'étirent de plus en plus. C'est drôle,
mais au tournant des ruelles on s'attend toujours à voir arriver un chevalier
ou une soubrette avec son panier de victuailles. Notre groupe s'étire en
gravissant les pentes, mais se rejoint toujours lorsque nous arrivons en haut
d'un étage franchi. Nous reprenons notre souffle et nous repartons. Au sommet
du deuxième étage, je m'assoie sur un muret et invite les gens du groupe qui me
suive à admirer la magnifique antiquité datant de 1948 que je suis. Dans un
état dde conservation ma foie...Ok, on continu à monter. La promenade valait la
peine d'être faite, nous avons vu de belles choses. Enfin, nous redescendons
vers notre hôtel, sagement en discutant de ce que ce voyage nous procure.
Demain direction Rome pour un souper, une petite visite au Colisée, mais
surtout pour dire au revoir à une dizaine de personnes qui vont nous quitter,
car pour eux c'est la fin du voyage. Effectivement il y avait deux groupes en
un, le premier durait une semaine et l'autre continueras vers le sud. On tire
les rideau sur ce magnifique paysage et je vous dis: Buona notte ea domani.